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L'Allée des vivresle marché gabonais, étal par étal

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Bureau du marché · L'origine

D'où vient ce qu'on achète : riz, poulet, et l'étiquette d'origine

Sur un marché gabonais, deux produits se reconnaissent de loin : le riz en sacs et le poulet congelé en cartons. Tous deux viennent presque entièrement de l'étranger. Savoir d'où vient ce qu'on achète commence par l'emballage, et continue par une question à la vendeuse.

Les chiffres de l'importé

Le riz est l'exemple le plus net. Selon des chiffres publiés en septembre 2026, le Gabon en importe environ 90 000 tonnes par an, pour quelque 41 milliards de FCFA, et plus de 95 % du riz consommé dans le pays vient de l'étranger. Des variétés sont à l'essai dans le pays, mais la production reste marginale.

La volaille suit de près. Lors d'un forum national consacré à la filière, en août 2025, les importations de poulet ont été estimées à environ 55 000 tonnes par an, contre environ 4 000 tonnes produites sur place. Au total, la facture des produits alimentaires importés a dépassé 382 milliards de FCFA en 2023.

Repères datés

Riz : environ 90 000 tonnes importées par an, plus de 95 % de la consommation (septembre 2026).

Poulet : environ 55 000 tonnes importées par an contre 4 000 produites (août 2025).

Importations alimentaires : plus de 382 milliards de FCFA en 2023.

Des chiffres qui ne disent pas la même chose

D'autres pourcentages circulent sur la part importée de l'alimentation, et ils ne concordent pas. Un ministre parlait de plus de 85 % en février 2024 ; le ministre de l'Agriculture parlait de 80 % en septembre 2026 ; la direction générale du Trésor française estimait la part importée à environ 60 % des biens alimentaires en 2018. À l'inverse, les bilans alimentaires de l'institut statistique gabonais donnent un taux d'autosuffisance proche de 75 % en volume pour 2019 à 2021.

Ces chiffres ne mesurent pas la même chose. Le manioc, le plantain et les tubercules pèsent lourd en tonnes et sont surtout produits sur place ; la viande, le riz, le blé et le lait pèsent lourd en valeur et viennent de l'extérieur. Compté en poids, le pays paraît plus autonome ; compté en argent, il paraît très dépendant. Les deux lectures sont vraies.

Le poulet de chair et l'échéance de 2027

En mai 2025, le gouvernement a décidé d'interdire l'importation de poulet de chair à partir du 1er janvier 2027, pour donner de la place à la production nationale. En septembre 2026, cette interdiction a été remise en question après que les États-Unis ont saisi l'Organisation mondiale du commerce. À cette date, aucune décision de report n'avait été annoncée, et la question de savoir si les découpes (cuisses, ailes) seraient concernées n'était pas précisée.

Pour l'acheteur, cela veut dire que l'offre de poulet congelé peut changer rapidement. Les œufs et le poisson du pays sont des solutions de rechange qui ne dépendent pas de cette décision.

Rayon de supermarché rempli de produits emballés
Les produits emballés portent leur pays d'origine, encore faut-il le chercher.
Main qui prend un œuf sur une pile de plateaux d'œufs
Les œufs se vendent au plateau, au marché comme en boutique.

Lire l'origine sur l'emballage

Sur un sac de riz, l'origine est en général imprimée en clair, souvent en anglais : « Product of… », « Origin… », suivi du nom du pays, avec un numéro de lot et une date. Sur un carton de poulet congelé, on trouve le pays d'origine, le nom ou le numéro de l'établissement d'abattage, la date de production et la date limite.

Quelques réflexes suffisent :

Pour un lecteur installé en Europe, où la mention de l'origine est obligatoire pour de nombreux produits frais, un guide pour lire les étiquettes d'origine explique ce que la loi impose et ce qui relève du simple argument de vente. Les principes restent utiles à Libreville : l'origine écrite en petit compte plus que le drapeau dessiné en grand.

Ce que l'on peut acheter à la place

Au lieu du riz

Le riz n'est pas indispensable au repas gabonais : le bâton de manioc et la banane plantain accompagnent les mêmes sauces, et le taro ou l'igname aussi. Remplacer le riz un soir sur deux ne demande ni nouvelle recette ni nouvel ustensile.

Au lieu du poulet congelé

Le poisson frais ou fumé, très présent sur les marchés, remplace le poulet dans la plupart des sauces. Les œufs produits dans le pays en sont une autre solution. Ni l'un ni l'autre n'est toujours moins cher, mais tous deux réduisent la part de ce qui traverse l'océan.

Le prix n'est pas tout

En février 2026, une mercuriale a fixé les prix de 105 produits de grande consommation, avec une suspension des droits et taxes pendant six mois : de quoi rendre l'importé moins cher pendant un temps. Ce genre de mesure change le prix affiché, pas l'origine. Les deux informations se lisent séparément : le prix sur l'ardoise, l'origine sur l'emballage ou dans la réponse de la vendeuse.

Pour une vue d'ensemble de ce qui pousse ou se pêche près de chez soi, la page Manger local, ici et ailleurs compare les habitudes du Gabon et de l'Europe.

Prix et dates sont des repères tirés de la presse et des rapports cités : au marché, tout se discute et tout change vite.